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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 17:12

La crèche, sa Tradition et ses Rites en Pays Niçois.

Les us et coutumes du Pays Niçois.

Lou Presèpi en Pais Nissart - Calèna e Li Tradicioun

Symboles, gestes, rites et dits du Noël Niçois et du Comté

Noël et le Réveillon - Calèna et lou Cacha-fuèc

La période de Noël est propice aux rapprochements familiaux et aux gestes symboliques.

Une coutume et une survivance qui vit encore de nos jours dans de nombreuses familles du Pays Niçois durant l’Avent.

Le jour de la Sainte Barbe, le 4 décembre, inaugure la période. Dans les familles, on sème les lentilles ou le blé, symboles de prospérité.

La préparation de la table : un vrai rituel

Le soir du Réveillon -Cacha-fuèc- en niçois, le 24 décembre, avant de se mettre à table, on prépare la table en un vrai rituel. Trois nappes, symbolisant la Trinité, superposées sur la table -de la plus grande à la plus petite- serviront aux trois repas consécutifs : une pour le soir du 24 , une autre pour le repas du 25 décembre et une autre enfin pour le repas du 25 au soir. On ajoute aussi une branche de houx symbole de bonheur, les lentilles et les blés de la Sainte Barbe représentant la fertilité, ainsi que trois bougies.

Le plus âgé de la famille rompt le pain en trois morceaux : la part des invités au repas, la part du pauvre, et la part que l’on gardera pendant un an. Le «pauvre» aura son couvert comme tout le monde, c’est aussi en niçois la part du «mort».

Le soir du Réveillon c’est le Patriarche de la famille qui reçoit, le jour de Noël c’est un parent qui invite l’ensemble de la famille.

Ce 24 décembre au soir, la cheminée est éteinte et rallumée qu’après le rituel suivant : le membre le plus âgé donne avec précaution une braise au plus jeune de la famille pour rallumer le nouveau feu.

Le Patriarche jette quelques gouttes de vin sur les bûches de bois d’olivier ou d’arbre fruitier en en prononçant : «Bouòn Diéu, acourde nen la Gràcia de vèire l’an que ven, e se li sian pas de mai, que li siguen pas men» -«Bon Dieu, accorde-nous la Grâce de voir l’année prochaine, et si nous ne sommes pas plus nombreux, que nous ne soyons pas moins».

C’est le «Cacha-fuèc», expression devenue synonyme de Réveillon. Ce soir là c’est un repas maigre sans viande, où l’on déguste les sept plats à base de poissons et de légumes, par exemple les céleris, les anchois, la pissaladière, les pâtes préparées à la main agrémentées de noix pilées, les cardes à la « bagna cauda », le poisson en particulier la morue à l’aigre douce, les escargots, les ravioli maigres aux herbes, mais surtout pas de viande, ni de fromage.

Avant de partir pour la Messe de minuit, on relève les quatre coins des 3 nappes superposées sur la table, afin que les diables ne s’y accrochent pas pour monter dévorer les treize desserts, que l’on dégustera au retour.

Les 13 desserts…

C’est l’éternelle question. Le bon sens veut que l’on compose ce rituel selon son propre choix avec des fruits frais de saison, des fruits secs, des confiseries, des pâtisseries, des ganses et gressins à l’huile d’olive.

Nous pouvons choisir parmi les oranges, les mandarines, les pommes, les poires au vin, les citrons, les nèfles d’hiver, la pâte de coings, le nougat blanc, le nougat noir, les dattes, la tourte de blettes «tourta de bléa », les « barba jouan » faits de blettes-raisin-fromage, la fougasse à la fleur d’oranger, les ganses, les beignets de pommes, la «pompe à l’huile», les tartes aux noix ou à la confiture, les fruits confits, et les fruits secs avec la représentation des quatre ordres mendiants : les figues sèches dont la robe grise évoque les « Franciscains » vêtus de gris, les amandes dont la robe écrue évoque les «Dominicains», les noisettes à la robe brune des « Carmes » vêtues de brun, les raisins secs à la robe foncée des « Augustins ».

Accompagneront ces desserts, un vin cuit fait avec les restes de liquide liquoreux des dernières vendanges, les Vins de Bellet, sans oublier le blanc doux de nos collines.

Symboliquement cette tradition des treize desserts renvoie au dernier repas du Christ en compagnie des douze apôtres. La table dressée des 3 nappes ne doit pas être débarrassée des desserts jusqu’au lendemain, car ils appartiendraient aux âmes du purgatoire.

Comme dit plus haut, à chaque repas on ôtera une nappe. Le lendemain enfin, le déjeuner consiste en un repas gras qui fait une grande place aux viandes, avec des boudins et de l’agneau.

Le 25 au soir, par contre, c’est la « aiga boulida » , bouillon fait avec de l’eau, des gousses d’ail et des herbes aromatiques comme le thym, le laurier et la sauge, que l’on boit pour se «laver» l’estomac.

La profusion de denrées pendant ces festivités de Noël symbolise le plaisir, qui remplace pendant quelque temps les tracas de la vie de tous les jours. Les soucis sont mis de côté, c’est une parenthèse festive attendue après une année de labeur, et peut être même après une année de restrictions.

Pendant la période de Noël, on va voir les crèches dans les églises et on peut assister à une représentation du « presepi » au théâtre. Cette année, du 23 au 28 décembre de 15h à 16h, sur la place Rossetti – dans le Vieux NICE, le «Presèpi nissart» sera joué par le groupe de la Ciamada Nissarda, avec « li mariota» - marionnettes niçoises - datant du XIXème siècle.

article de Félix MACRI’ - réf : travail de recherches collectives recensées par Félix MACRI

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Published by Niçois du bout de la rue
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